Compte rendu d’entretien avec Madame Jacqueline Schweitzer, 15/239 rue Jules Michelet 57070 METZ (téléphone : 03 87 75 58 46 et mobile : 06 81 86 56 25)
Témoignages. Thonne les Prés au travers de la vie de ses familles.
Famille Schweitzer
Il y a l’histoire et il y a les petites histoires, les anecdotes, tout ce qui est su dans les familles et que nous n’allons pas prendre la peine de noter. On transmet ces anecdotes de bouche à oreille. On ne dit pas qu’elles ne valent pas la peine d’être écrites, mais en fait, on ne prend pas le temps de les noter. Contées, oui, cela est sûr, mais écrites ?
Alors bien sûr, une fois que nous les mettons sur le papier, elles perdent un peu de leur sel. Néanmoins, elles restent dignes d’intérêt et elles vont appeler la réflexion et le dialogue. Elles vont peut-être aussi s’enrichir d’autres anecdotes qui vont se croiser et peut-être susciter d’autres souvenirs.
Aujourd’hui, ce dimanche 13 juin 2004, je rencontre Madame Jacqueline Schweitzer accompagnée de son époux et pilotée par son fils. Elle vient revoir la ferme du Moulin.
Nous profitons également de la présence de Jacques Marchal, qui connaît bien le village de Thonne les Prés.
La conversation débute sur une évocation de l’école du village et de ses institutrices successives :
Madame Mercandela
Madame Vuillaume
Mademoiselle François
Mademoiselle Nicole Robert, originaire de Bar le Duc
Elles ont précédé Monsieur Audouard, instituteur et secrétaire de Mairie. Son fils avait été victime d’un accident de la circulation en Allemagne et il avait du être amputé d’une jambe. Cela ne l’empêchait pas d’être très actif et très remuant au sein du village.
Le logement de fonction l’instituteur jouxtait une écurie pour chevaux. Les chevaux ardennais ont un tic et tapaient les murs avec leurs sabots, ce qui s’entendait dans le logement.
La famille Schweitzer était une famille nombreuse :
1 L’ainé est Roland Schweitzer, né en 1935. Il vient de décéder ces jours derniers et il a été enterré le vendredi 11 juin 2004.
2 Marcel, né en 1936
3 François, décédé
4 Yvon
5 Yvette
6 Jacqueline, qui nous donne son témoignage
7 Christian
8 Monique
9 Marie-Thérèse
10 Jean-Claude, dit Nono
Monsieur et Madame Schweitzer habitent la première maison située à gauche sur le chemin du moulin.
Ils l’avaient acheté à la famille Gaspard
Ils l’ont vendu à M. et Madame Cazeaux en 1987/1988
Le voisin immédiat est M. Caquard, instituteur, gendre de M. Lambinet. M. Lambinet a été l’instituteur du village pendant l’entre deux guerres. M. Lambinet a fait construire au milieu des années 50 sa maison qui possède un soubassement en pierre taillées.
En face, le jardin du pont et en bordure de la Thonne.
Al Fout a été une figure du village. Originaire d’Algérie, il s’est battu pour l’armée Française et il a été décoré pour faits d’armes.
Il taquinait les enfants en les menaçant lorsqu’ils n’étaient pas sages de leur couper les oreilles en pointe.
Je ne me souviens pas personnellement avoir eu une réelle crainte à propos de mes oreilles. Je me souviens très bien de ce qu’il disait.
Al Fout aimait particulièrement le café de la Mère Audoin et sa fraîcheur.
Lors de ses obsèques, le drapeau tricolore a été déposé sur son cercueil, ainsi que toutes ses décorations militaires.
La fille d’Al Fout habitait Paris. Elle avait 9 enfants. Elle venait rendre visite une fois par an à son père, mais toute seule. Quand elle était à Thonne les Prés, elle faisait le couscous.
Café de la Mère Audoin :
C’était le pôle d’attraction du village, avec le jeu de boules, la salle des fêtes et les jeux de quilles. Le téléphone était situé au milieu d’un long couloir obscur.
Le téléphone était manuel. Il l’est resté jusque dans le milieu des années 1970.Très peu de personne disposaient du téléphone, le château sans doute, ainsi que M. Andrien, au titre de ses activités d’entreprise de maçonnerie.
En 1951, les peupliers du Moulin ont été coupés. La peupleraie du Moulin se situait sur la rive gauche de la Thonne, en amont des bâtiments de la ferme.
Tous les peupliers ont été coupés, à l’exception d’un petit groupe de peupliers situés en face de la ferme.
Les souches des peupliers ont mis bien des années à disparaître. Il poussait des champignons sur les énormes souches des peupliers coupés.
Le restant des peupliers a été coupé dans les années 1960. Mère avait très peur que des peupliers tombent sur la route.
Tout le travail d’abattage des peupliers a été réalisé par M. Schweitzer et ses fils à la scie passe-partout et à la hache. Aucun engin mécanique pour faciliter le travail n’existait à cette époque. Jacqueline Schweitzer aidait pour ces travaux.
Le climat a été rude durant cet hiver 1951.
Le repas est confectionné sur place, dans les braises du bois brûlé, pommes de terre et lard.
Chaque famille élevait son cochon. Ainsi, une fois, un des cochons s’est enfui et il a été se sauver dans le purin de la ferme de M. et Madame André Ruelle. La famille Ruelle est venue de Normandie et s'est installée en 1959.
samedi 6 mars 2010
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